L’habitat perché est considéré comme typiquement provençal ; il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages édifiés sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l’orientation des façades de leurs maisons – vers la vallée ou la voie de communication – un véritable front de fortification. Les plus connus sont Séguret, Ménerbes, Gordes, Eygalières, Puget-Théniers, La Garde-Freinet, etc.

Fernand Benoit souligne leur origine quelquefois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c’est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256). La toponymie confirme puisque des villages perchés comme Oppède, Oppedette, Les Baux-de-Provence, Le Beaucet, Le Beausset, Carros, Carri et Caromb tirent leur nom de l’oppidum; du bau (falaise escarpée en provençal), ou du roc sur lequel ils étaient primitivement installés.
Ces villages perchés se trouvent essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l’eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l’eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison.

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l’existence d’un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). A contrario, l’habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D’où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l’habitat, l’aisance le disperse ».

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Habitat_traditionnel_de_Provence

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